EN PRATIQUE LES RHINOPHARYNGITES DE L'ENFANT

AU COMPTOIR : « Mon bébé est très enrhumé et un peu fiévreux » « Mon bébé de 10 mois n'a pratiquement pas dormi de la nuit. Il a le nez tellement encombré que ça le gêne pour respirer. En plus, il a beaucoup de difficultés à boire ses biberons, et il commence à tousser. J'ai utilisé des mèches de coton pour essayer de lui dégager les narines, mais sans grand succès. J'ai pris sa température ce matin, il a 38 °C. Que dois-je faire ? Prendre rendez-vous en urgence chez mon pédiatre ? » Votre réponse « Inutile de vous précipiter chez votre pédiatre. La fièvre peu élevée est fréquente chez les bébés en cas de rhinopharyngite. Dans un premier temps, je vous conseille d'utiliser une solution nasale d'eau de mer et un mouche-bébé pour bien lui nettoyer le nez, trois fois par jour avant les repas. Il va mieux respirer et son état devrait s'améliorer. N'hésitez pas à lui donner des suppositoires de paracétamol pour faire baisser sa température. Si vous n'observez aucune amélioration dans les 48 heures ou si son état s'aggrave, un avis médical s'impose. » Rhume ou rhinopharyngite ? Par convention, on parle de rhume lorsque que la rhinite est essentiellement locale sans signes généraux d'infection tels que la fièvre. La rhinopharyngite - causée par les même virus que le rhume banal de l'adulte - est quant à elle l'apanage des enfants entre 6 mois et 5 ans. Bien qu'il n'y ait pas de réel consensus sur sa définition, elle correspond stricto sensu à une inflammation du carrefour commun rhinopharyngé. Ses symptômes associent à des degrés divers une fièvre s'élevant à 38-39 °C, une rhinorrhée claire puis mucopurulente et une toux résultant de l'obstruction nasale et de l'écoulement postérieur des sécrétions. En dehors d'une complication, les rhinopharyngites évoluent favorablement en 7 à 10 jours. Chez l'enfant, elles exposent au risque de complication bactérienne - dont l'otite moyenne aiguë - et, plus rarement, d'infections respiratoires basses. Elles font l'objet de nombreuses récidives, qui sont en fait des épisodes infectieux dûs à d'autres virus.

Quels traitements ? Le traitement d'une rhinopharyngite banale est avant tout symptomatique. - Le lavage des fosses nasales L'emploi du sérum physiologique, d'une solution antiseptique type Prorhinel ou d'une solution d'eau de mer isotonique est indispensable pour décoller les sécrétions et nettoyer le nez des impuretés. Contenant des sels minéraux et riches en oligoéléments, les solutions d'eau de mer agissent sur les mécanismes physiologiques de l'élimination mucociliaire. Certaines sont enrichies en cuivre, en manganèse ou en soufre et présentent respectivement des propriétés anti-infectieuses, anti-inflammatoires ou stimulantes de l'immunité. Jusqu'à 2-3 ans, le lavage se pratique en position allongée. Lorsque l'enfant sait se moucher seul, il se place en position assise et la solution est pulvérisée successivement dans chaque narine. Le lavage du nez s'effectue 2 à 3 fois par jour, de préférence avant les repas.

- Le mouchage Si la rhinorrhée est fluide, il est préférable de moucher l'enfant au préalable pour une meilleure action du lavage et un contact optimisé entre les composants de l'eau de mer et la muqueuse. Tant que l'enfant ne sait pas se moucher, le recours à un mouche-bébé est indispensable. Le mouchage s'effectue allongé sur chaque côté, une narine (celle se trouvant le plus près de l'adulte) après l'autre. Il est important d'apprendre aux enfants à se moucher, dès qu'ils possèdent une autonomie suffisante. A partir de 18 mois, l'enfant peut déjà souffler dans un mouchoir. L'enfant doit vider ses narines l'une après l'autre et savoir qu'il ne faut jamais renifler au risque de diffuser les virus dans l'arrière-gorge.

- La prise en charge de la fièvre Elle repose sur l'administration par exemple de paracétamol (60 mg par kg et par jour, soit 15 mg par kg et par prise toutes les 6 heures). Les moyens physiques complémentaires doivent être rappelés systématiquement : baisser le chauffage dans la pièce (au maximum 18 °C), découvrir l'enfant, le faire boire abondamment et pratiquer un bain tiède à 2 °C en dessous de la température.