Le rhume

EN PRATIQUE LE RHUME DE L'ADULTE AU COMPTOIR : « J'ai le nez qui coule le jour et qui se bouche la nuit » « J'ai un rhume carabiné ! Là, je commence à m'inquiéter car je mouche vert. En plus, je dors très mal tant mon nez se bouche la nuit. Avec ma tension, je n'ose pas prendre de médicaments. Vaut-il mieux que je consulte un médecin pour prendre des antibiotiques ? » Votre réponse « Rassurez-vous ! Les symptômes que vous décrivez sont ceux d'un rhume banal. Ils ne nécessitent pas le recours aux antibiotiques, inactifs sur les virus responsables. Avec votre hypertension, je vous conseille plutôt des médicaments à base d'antihistaminiques qui limitent l'écoulement nasal. Attention cependant au risque de somnolence ! Vous ne vous en plaindrez d'ailleurs pas la nuit... En complément, vous pouvez pratiquer des inhalations à visée antiseptique. »

Quelle évolution ? Le rhume est une infection de la muqueuse des fosses nasales associant congestion et écoulement nasal. La période d'incubation est variable selon le virus responsable : dix à douze heures pour les Rhinovirus et de un à sept jours pour les virus para-influenzæ. L'immunité naturelle ne prend le dessus qu'après une phase aiguë inflammatoire. Classiquement, le rhume débute par une phase d'installation sèche, avec picotement nasal, éternuements et prurit, suivie d'une obstruction nasale uni- ou bilatérale. C'est le « syndrome du nez bouché », qui se transforme en rhinorrhée claire. Vient ensuite la phase mucopurulente durant laquelle les sécrétions s'épaississent et deviennent jaune-vert. A ces symptômes viennent s'ajouter des signes non constamment présents : maux de tête, maux de gorge, toux, fatigue et fièvre.

En l'absence de complications, la guérison survient en 7 à 10 jours. - A savoir : -#gt; Chez l'adulte, la présence de fièvre n'est pas systématique et l'état général est peu altéré. -#gt; La couleur jaune-vert des sécrétions est due à la présence de polynucléaires et ne signe pas une surinfection bactérienne. -#gt; Le rhume se transmet par les particules de salive ou de sécrétions nasales, ou par contamination indirecte (mains, objets) car le virus peut survivre plusieurs heures à l'air.

ANTIHISTAMINIQUES ET VASOCONSTRICTEURS Le traitement oral Actuellement, tous les traitements disponibles sont symptomatiques. Ils visent à réduire l'intensité et la durée de la rhinite. - Quand « ça coule » C'est le tableau classique de la personne enrhumée qui consomme quantité de mouchoirs et qui, à force de se moucher, souffre rapidement de narines irritées. Votre conseil : les antihistaminiques de première génération. Quels effets ? Efficaces sur la rhinorrhée et les éternuements, ils inhibent la libération d'histamines par les cellules infectées, observée lors de l'agression virale. A savoir : -#gt; Avertir du risque de somnolence et déconseiller la conduite de tout véhicule dans les heures qui suivent la prise du médicament. -#gt; Dépourvus d'action anticholinergique, les antihistaminiques de seconde génération (cétirizine, loratadine...) ne sont efficaces que sur la rhinite d'origine allergique. - Quand « ça se bouche » Le patient se retrouve souvent obligé de respirer par la bouche tant la muqueuse nasale est enflammée et les sécrétions épaisses.

Votre conseil : les vasoconstricteurs sympathomimétiques. Quels effets ? Ils diminuent le diamètre des vaisseaux dilatés, permettant alors à l'air et aux mucosités de circuler à l'intérieur des narines. A savoir : -#gt; Ne pas prolonger le traitement plus de cinq jours (risque d'effet rebond). -#gt; Depuis juillet 2001, les spécialités à base de phénylpropanolamine ne peuvent s'obtenir que sur ordonnance, compte tenu du risque d'accident vasculaire cérébral hémorragique. -#gt; La plupart des spécialités renferment désormais de la pseudo-éphédrine. - Si « ça coule et ça se bouche » Certaines spécialités (Humex Rhume, Actifed) renferment à la fois un antihistaminique et un vasoconstricteur. Les laboratoires proposent même des comprimés ou des gélules différents pour le jour et la nuit. Les antihistaminiques sont uniquement pris au coucher et n'engendrent plus de somnolence diurne. Mais soyez vigilants lors de leur délivrance : ces spécialités « deux en un » cumulent les effets indésirables et les contre-indications des deux principes actifs.