La première année commune de santé est sur les rails

Dans son rapport, la Commission nationale pédagogique souligne l'ampleur des travaux. Une vaste réforme qui devrait permettre de pallier le fort taux d'échecs en médecine et en pharmacie. La commission le précise d'emblée : cette première année commune de santé « ne devrait être perçue que comme l'une des briques construisant une culture commune. L'organisation de stages effectués plus tardivement associant des étudiants de divers professions de santé serait une autre voie à explorer de même que l'existence de passerelles ». La tâche est d'ampleur, comme le souligne la commission chargée de faire des propositions aux ministres de la Santé et de l'Education nationale. « L'analyse démographique montre qu'une première année d'études commune incluant quatorze professions de santé recrutant par concours a de fortes chances de doubler ou tripler les effectifs actuels d'étudiants en pharmacie et médecine confondus », précise-t-elle dans le rapport qu'elle a transmis aux ministres. Soit environ 90 000 étudiants (dont 33 000 pour médecine et pharmacie !). Il faudra donc sérieusement se pencher rapidement sur la question des locaux, « dans l'optique où serait "universitarisée" » l'année commune, faute de place dans les facs de médecine et de pharmacie. Autre difficulté : associer des populations de candidats bacheliers ayant suivi des cursus variés et acquis des connaissances bien différentes.

Moins d'échecs en première année. Les membres de la commission ne manquent pas non plus de souligner les avantages de la réforme. Et notamment la possibilité de remédier au taux d'échec important en première année de médecine ou de pharmacie. Ainsi, environ 30 % d'une cohorte de PCEM1 intègre aujourd'hui PCEM2 en un ou deux ans mais la moitié de cette cohorte quitte le PCEM1 sans aucun diplôme, aucune équivalence ou dispense. En 2002-2003, en pharmacie, le taux global de réussite (primants, redoublants confondus) s'est élevé à seulement 34,1 %. Des taux d'échec à nuancer : « S'il est exact que la moitié des étudiants est exclue sans aucun diplôme après deux années d'études, le constat s'applique malheureusement aussi à d'autres disciplines », rappelle le rapport.

En revanche, il existe un réel problème quand on constate que la moitié des titulaires d'une mention « bien » au bac échoue tout de même au concours de médecine et d'odontologie. Une année commune de préparation et de formation aux diverses professions de santé devrait donc permettre à un étudiant d'accéder à une profession de santé, au plus tard à sa deuxième tentative grâce à la possibilité de passer plusieurs concours simultanément. Mais il ne faut pas s'arrêter là : il s'agit aussi « de moderniser les méthodes pédagogiques », de réviser les modalités du concours « où prédominent » aujourd'hui des cours en amphi, un bachotage « effréné », des QCM parfois « pointilleux ». Aux ministres désormais de trancher.

QUATORZE PROFESSIONS SONT CONCERNÉES L'année commune doit concerner les médecins, pharmaciens, chirurgiens-dentistes, sages-femmes, infirmiers, masseurs-kinésithérapeutes, ergothérapeutes, psychomotriciens, orthophonistes, orthoptistes, pédicures-podologues, manipulateurs en électroradiologie et médicale, audioprothésistes et opticiens-lunetiers. PARMI LES PROPOSITIONS DE LA COMMISSION - Année organisée en deux semestres dont le premier comporte un tronc d'enseignements commun. - Concours séparé par profession de santé. - Nombre illimité de concours que chaque étudiant peut présenter. - Droit au redoublement...